Il arrive que les conflits ne naissent pas d’un affrontement direct, mais d’un glissement progressif, presque imperceptible, qui transforme une relation saine en terrain miné. Rien ne crie, rien n’explose, et pourtant, quelque chose se rompt. Ce cinquième épisode raconte précisément ce moment de rupture silencieuse, celui où la confiance se dissout et où le cadre, jusque-là accepté, devient soudain suspect. Ce lundi matin marque un point de bascule. Non pas parce qu’un désaccord surgit, mais parce que la nature même de l’échange change. Ce qui relevait encore du dialogue professionnel bascule vers la mise en cause, le soupçon et la remise en question de l’autorité. À partir de cet instant, le débat n’est plus seulement technique ou organisationnel : il devient symbolique. Il interroge la place de chacun, le rapport au pouvoir, et la capacité à maintenir un cadre commun face à une dynamique de défiance.

Lundi matin, 8h00 : la parole qui fracture

La psychologue prend enfin la parole dans le fil de discussion collectif. Mais sa réponse n’est pas celle que l’on aurait pu espérer. Elle n’est ni nuancée, ni questionnante. Elle est laconique, froide, tranchante.

La voici, telle qu’elle a été envoyée :

« Je serai ravie de débattre des enjeux éthiques des caméras de vidéosurveillance, mais avant toute discussion ou tout vote, il est néanmoins indispensable de savoir si nous rentrons dans un cadre légal.
XX, peux-tu nous montrer le dossier de la préfecture autorisant l’utilisation de cette caméra au cabinet ?
Dès que tu nous auras communiqué la validation par la préfecture, nous pourrons entrer dans le débat (puisque la caméra est déjà en place) et prendre une décision en interne à ce sujet. »

Ce message marque un tournant.
Il officialise un basculement.

La psychologue, autrefois en confiance avec le bailleur, est désormais complètement absorbée par le discours de la manipulatrice. Elle en épouse les codes, les soupçons, le registre accusatoire. Et par cette formulation, elle ne pose pas une question : elle formule une injonction. Une mise en demeure. Un doute public.

D’un simple vote proposé dans une démarche ouverte, on glisse vers une remise en cause frontale de la légitimité du bailleur.
Et plus encore : ce message enclenche le chaos.

Dès lors, toutes les barrières tombent. Chacune commence à interpréter les règles à sa manière, à revendiquer un droit sur tout, comme si l’autorité du gestionnaire n’avait plus lieu d’être. Comme si tout devenait désormais sujet à débat. À désobéissance.

Mais au fond… comment peut-on exiger de l’autre qu’il apporte la preuve de sa légalité, alors même que cette légalité relève exclusivement de sa propre responsabilité ?
Comment peut-on en arriver à tenter de raisonner une personne qui a basculé, lentement mais sûrement, dans un discours irréel, teinté de défiance et de fantasme, sans qu’aucun signe avant-coureur ne l’ait laissé présager ?

La relation entre le bailleur et la psychologue était jusque-là excellente : une collaboration fluide, fondée sur la confiance, l’écoute et la bienveillance.

Mais aujourd’hui, cette confiance est rompue.
Et le bailleur comprend, brutalement, qu’il vient d’être désigné comme le fautif.

Pas pour une faute commise.
Mais par défaut, parce qu’il incarne l’autorité. Parce qu’il n’a pas cédé.

Il est condamné par contumace.

Et pourtant, sur le plan légal, tout est en ordre.

L’installation de cette caméra respecte scrupuleusement le cadre prévu pour les établissements recevant du public (ERP) de niveau 5, comme l’est ce cabinet paramédical. Elle ne nécessite qu’une simple déclaration à la préfecture, effectuée en ligne, et non une autorisation formelle.

Cette déclaration, le bailleur l’a faite.
Il l’a indiquée dans son mail. Il l’a précisée dans les échanges.

La caméra est installée face à la porte d’entrée uniquement, sans capter ni l’intérieur des bureaux, ni la salle de repos. Aucune captation audio. Un affichage visible est présent en salle d’attente. Les enregistrements sont automatiquement supprimés au bout de trente jours.

Mais face à une hystérie collective soigneusement entretenue, aucune explication rationnelle ne suffit.
Le réel ne compte plus.
Ce qui compte désormais, c’est la perception, l’émotion, la défiance.

Et dans ce glissement, la manipulatrice a gagné du terrain.

La reprise en main

Face au chaos désormais installé, le bailleur tente de reprendre le contrôle. Il le sait : une brèche vient d’être ouverte. La situation lui échappe, les lignes d’autorité se brouillent, le cadre se fissure.

Il prend alors une décision stratégique : clore le débat public.

Il envoie un mail simple et mesuré. Il remercie l’ensemble des praticiennes pour leur participation, assure avoir pris en compte leurs remarques, tout en soulignant que certaines craintes exprimées relèvent de ressentis individuels. Il annonce qu’il reviendra vers chacune de manière personnelle.

L’objectif est clair : stopper l’effet de meute. Empêcher que le collectif ne se transforme en arène. Rétablir des échanges singuliers et apaisés.

Mais derrière cette décision se cache une autre intention, beaucoup plus ciblée : confronter directement la manipulatrice.

Car derrière chaque mot de la psychologue, chaque argument juridique ou éthique, le bailleur reconnaît la plume et l’ombre de l’autre. Il le sait. Il le sent. Ce ne sont pas ses mots. Ce ne sont pas ses doutes.

Le manipulateur n’attaque jamais de front.
Il crée un climat de désordre. Il divise. Il souffle sur les peurs, alimente les colères, exacerbe les frustrations. Il instrumentalise les autres pour mieux s’effacer derrière eux. Il déclenche un mécanisme d’autodestruction… pour ensuite reconstruire à son image.

Mais cette fois, le bailleur a vu clair.
Depuis longtemps, il observait. Il attendait le passage à l’acte, celui qui viendrait confirmer ce qu’il pressentait depuis le début.
Et c’est désormais chose faite.

L’heure de la confrontation

Dans la matinée de ce même lundi, le bailleur adresse un mail à la manipulatrice. Le ton est calme, professionnel, cadré.

Il commence par la remercier pour leurs échanges, par téléphone comme par mail.
Il prend acte de ses craintes concernant le cadre légal de la vidéosurveillance et le droit à l’image qu’elle dit invoquer.
Il lui propose une rencontre au cabinet, afin d’en discuter de vive voix.

Mais surtout, il l’informe d’un point crucial : il souhaite faire le point sur la légalité de son contrat.

Car pour la première fois, un détail devient soudain limpide.
Un bail professionnel lui a été accordé… sans qu’elle n’ait jamais justifié d’une activité professionnelle.
Aucun extrait Kbis. Aucun numéro SIREN. Aucun document de l’INSEE.

Face aux tentatives de prise de pouvoir, la priorité du bailleur devient alors évidente : être irréprochable.
Administrativement. Juridiquement. Contractuellement.

Il décide également de restreindre l’accès à la page web dédiée à cette praticienne sur le site du cabinet. Cette page mie en ligne gratuitement comportait sa photo et des informations personnelles, sans aucune autorisation écrite pour l’usage de son image.

La chute commence

Déstabilisée, et surtout prise de court, la manipulatrice comprend qu’elle a perdu le contrôle. Elle, qui se pensait intouchable derrière la psychologue, commence à enchaîner les erreurs.

Elle répond aux mails du bailleur par des messages froids, agressifs, où l’irritation perce à chaque ligne. Elle refuse toute rencontre, esquive les rendez-vous et, surtout, refuse de justifier sa situation administrative, une obligation pourtant évidente dans le cadre d’un contrat professionnel.

Sans doute croit-elle, dans son imaginaire, que le bailleur a perdu toute autorité, toute crédibilité. Qu’elle n’a plus à lui rendre de comptes.

Mais face à ses attaques, les réponses du bailleur restent précises, factuelles et apaisées. Et c’est précisément ce ton calme, irréprochable qui désamorce sa stratégie.

Elle comprend. Elle sait.
Le face-à-face est perdu.

Alors, fidèle à son mode opératoire, elle ne revient pas à l’affrontement direct.
Elle se replie.
Et sollicite à nouveau la psychologue, devenue sa marionnette de repli.

Quelques minutes plus tard, le bailleur reçoit deux SMS, identiques dans le fond, envoyés simultanément.
Un de la manipulatrice.
Un de la psychologue.

Deux messages, deux expéditeurs… mais une seule voix derrière.

« Bonjour XX,
Vu l’urgence de la situation, je me rendrai au cabinet mercredi à 12h.
Et comme il s’agit d’un cabinet pluridisciplinaire, je souhaite participer à l’échange avec d’autres praticiens, notamment [la psychologue / elle-même], si elles sont disponibles au même moment. »

Mais le bailleur ne se laisse pas piéger. Il lui répond aussitôt : la discussion envisagée concerne exclusivement le bailleur et le preneur au bail, autour de la légalité du contrat signé. Les questions relatives à l’organisation collective du cabinet feront l’objet d’une réunion formelle, programmée, avec toutes les praticiennes concernées.

Pas avant.
Pas autrement.

Dans la foulée, profitant de la disponibilité de la psychologue, le bailleur décide de l’appeler pour une mise au point. L’échange dure une trentaine de minutes. La conversation est animée, parfois tendue, mais finit par s’apaiser.

Dans une démarche d’ouverture, face aux réticences exprimées, le bailleur prend alors une décision symbolique : le retrait de la caméra de surveillance.

Une nouvelle tentative … à ses conditions

Très probablement informée de cet échange par la psychologue, la manipulatrice réagit rapidement. Quelques heures plus tard, elle envoie un nouveau message au bailleur. Le ton, cette fois, se veut plus posé.

Elle accepte l’idée d’une rencontre, mais… à ses conditions.

Ce qui devait être une réunion formelle, avec ordre du jour, compte rendu et cadre clair, devient soudain une proposition floue, informelle, à caler entre deux rendez-vous clients, un autre jour, dans une temporalité nébuleuse. Une nouvelle tentative pour brouiller les règles et casser le cadre.

Le bailleur refuse catégoriquement. Quelle que soit la date ou la disponibilité de chacun, la rencontre devra se tenir dans un cadre formel, au cabinet, avec les documents nécessaires. Il ne cédera plus aux approximations.

La manipulatrice tergiverse, tente d’imposer des règles absurdes, temporise… puis finit par conclure, sèchement :

« Je ne souhaite plus poursuivre les échanges avec vous. Je me sens oppressée. »

Le message est clair.
Elle tente un nouveau glissement : le faire passer pour un harceleur.
La stratégie classique du retournement.

Le bailleur comprend immédiatement.
Il tranche net : à partir de ce moment-là, il ne lui adressera plus aucun message direct.

La clareté brutale

Ce même jour, après cette série d’échanges, le bailleur prend le temps de réfléchir. Il relit les messages, revoit les faits, observe le puzzle se former.

Et ce qu’il comprend est glaçant.
La situation est bien pire qu’il ne le pensait.

Dans son propre établissement, il héberge une personne malveillante. Pas simplement instable. Pas simplement envahissante. Une femme déterminée à détruire, méthodiquement, tout ce qu’il a mis des mois à construire.

Le plus dangereux, c’est l’impasse.
La locataire refuse tout échange, refuse de justifier sa situation juridique, alors même que le bail signé impose clairement cette obligation. Elle s’accroche à un contrat de six ans qu’elle considère comme un bouclier.

Dans son esprit, elle pense avoir gagné.
Elle croit avoir réussi un coup de force.

Mais ce qu’elle ignore, c’est que ce coup de force…
le bailleur est désormais prêt à le démonter. Point par point.

Le lendemain: l’impasse est actée

Le lendemain, après une nuit de réflexion nourrie par les événements de la veille, et face à une situation devenue manifestement critique, le bailleur décide d’adresser un mail formel mais apaisé à la locataire.

Dans ce message, il lui notifie que, compte tenu des tensions et de la rupture manifeste de confiance, ils se trouvent désormais face à une impasse ne permettant plus d’exécuter le contrat initialement conclu de bonne foi. Il lui propose, sans ambiguïté, un entretien afin de préparer son départ du cabinet, dans des conditions aussi claires et respectueuses que possible.

Poussant le geste de bonne volonté jusqu’à son terme, il prend même soin de se renseigner en amont auprès d’un autre établissement susceptible de l’accueillir, afin qu’elle puisse poursuivre son activité ailleurs.

Mais la réponse de la locataire ne se fait pas attendre. Elle tranche immédiatement par sa violence verbale et son ton dénigrant. Un nouveau cap est franchi. Elle affirme sans détour qu’elle n’a nullement l’intention de quitter les lieux, qu’ils sont engagés, selon elle, pour six ans, et que rien ne pourra remettre cela en question.

Dans ce message, elle attaque frontalement le bailleur, le qualifiant d’émotif, d’impulsif, de peu professionnel, allant jusqu’à remettre en cause sa capacité à gérer un lieu pourtant strictement encadré. Elle affirme qu’il semble oublier qu’ils évoluent dans un cadre professionnel, comme si elle seule en incarnait désormais la rigueur.

Le bailleur comprend alors qu’il ne s’agit plus d’un simple désaccord ni d’une opposition de styles. Il réalise qu’il est confronté à une personne agissant selon les mécanismes bien connus de l’identification projective, projetant sur l’autre ses propres failles, ses excès et ses contradictions.

Plutôt que de se laisser happer par cette spirale de dénigrement, il choisit de mettre ces attaques de côté, de ne plus y répondre, et de se concentrer sur l’essentiel : organiser le départ de cette personne, le plus rapidement possible.

Conclusion : quand le cadre devient la cible

Ce cinquième épisode ne raconte pas seulement l’escalade d’un conflit. Il met en lumière un mécanisme plus profond : celui par lequel la confiance, une fois fissurée, laisse place à une dynamique où les règles ne sont plus respectées mais instrumentalisées. Lorsque le réel n’est plus audible et que l’émotion gouverne les échanges, toute tentative de dialogue devient un terrain glissant. Le basculement opéré ce lundi-là marque une rupture irréversible. Il révèle une stratégie de déstabilisation qui ne vise plus un objet précis, mais le cadre lui-même. À partir de cet instant, il ne s’agit plus de convaincre ni d’apaiser, mais de préserver l’essentiel : l’intégrité du cadre, la clarté des règles et la légitimité de celui qui en est garant. Car lorsque l’autorité est contestée non pour ses actes, mais pour son existence même, la seule issue possible n’est plus le compromis, mais la remise à plat. Et ce moment marque le début d’une autre phase, où la lucidité devient la seule protection possible.

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